En 1998, AFRICA 2009 fut présenté lors d’une réunion
régionale sur le patrimoine culturel africain à Abidjan, en
Côte d’Ivoire. Ce programme représente l’effort
conjoint du patrimoine culturel africain, de l’ICCROM, du Centre du
patrimoine mondial de l’UNESCO et de CRATerre-EAG. Il est ancré sur
cette notion de base que les problèmes que l’Afrique doit affronter
en matière de conservation ne doivent pas être envisagés
exclusivement sous un angle technique mais doivent être considérés
dans l’optique de la relation qui existe entre le patrimoine immobilier
des diverses communautés et l’environnement.
En 1996, une estimation sur les besoins de base fut menée pour déterminer
l’état du patrimoine culturel immobilier africain. Des formulaires
furent distribués dans 44 pays africains qui, dans 60% des cas, répondirent.
Partant de là, une stratégie de formation sur le patrimoine
immobilier africain au sud du Sahara fut élaborée. Les résultats
de cette étude et sa diffusion durant la phase de développement
du programme permirent d’identifier un certain nombre de problèmes
concernant la conservation et la gestion du patrimoine culturel immobilier
en Afrique subsaharienne. Ils ont été vérifiés
et développés au cours des trois dernières années
lors de séminaires, cours régionaux et autres rencontres.
La liste suivante présente les problèmes que les professionnels
de la région doivent affronter :
Politiques en matière de conservation : là où elles
existent déjà, les politiques en matière de conservation
ne sont pas bien intégrées dans le cadre d’un développement
durable.
Législation : la législation ayant pour but la protection
du patrimoine culturel immobilier est souvent sans effet.
Structures
institutionnelles : les structures institutionnelles en matière
de conservation ont besoin de plus de stabilité pour pouvoir incorporer
la conservation dans le processus de développement.
Ressources
humaines : les ressources et compétences humaines (personnel
professionnel, artisanat spécialisé) sont insuffisantes
pour la gestion, la conservation, l’entretien des méthodes
et matériaux
traditionnels.
Planification et gestion : le patrimoine culturel immobilier
continue à se
dégrader par manque de planification et de gestion de la conservation.
Sensibilisation
: les politiciens, les décideurs et les communautés
locales ne se rendent pas compte que la conservation peut être
englobée
dans les changements économiques, sociaux et de l’environnement.
Développement économique et conflits : on constate un
manque de stratégies réelles en vue du développement
(y compris le tourisme) qui tiennent compte des besoins de la conservation
dont puissent
bénéficier les communautés locales.
Ressources
financières et infrastructures : les ressources sont insuffisantes
pour le maintien d’un niveau de conservation acceptable.
Documentation
et inventaire : les inventaires nationaux du patrimoine culturel immobilier
sont incomplets ou inexistants.
Réseau : des professionnels
de la région affrontent les problèmes
mettant en commun l’information, les spécialistes, les
connaissances et les technologies.